Je ne sais pas ce qui me pousse à t'écrire ce soir, mais n'en veux pas à ma mère si elle m'a tout dit, elle sait qu'il le fallait peut être.....Je ne te connais pas, je ne sais pas quel âge tu as, je ne sais pas où tu vis, je sais seulement une chose: nous avons un malheureux point commun, quelque chose que nous aimerions à tout prix effacer, mais quelque chose qui reste et restera là.......Le deuil, cette notion qui semble encore lointaine pour toi, un mot qui reste blessant car trop apparenté à l'oubli. Mais ce n'est pas la vérité. Le deuil ne revient pas à effacer les rires et sourires partagés avec ton amie, ce n'est pas sceller le coffre qui renferme vos bons souvenirs, c'est juste avancer....Bien sur, elle sera là, non pas à tes côtés, mais en toi, voilà ma théorie, ce qui m'a fait y croire. Il y a bien longtemps déjà, le jour qui me paraît toujours aussi vivant dans mon esprit, j'ai perdu ma meilleure amie. Elle s'appelait Barbara. A en croire ceux qui m'entourent aujourd'hui et qui ne l'ont peut être jamais connu, il est bien difficile de s'imaginer qu'elle n'est plus des nôtres, car j'arrive désormais à la faire vivre à travers mes actes et mes récits. Le plus dur est de réaliser qu'elle ne sera plus là, se tenant debout face à toi, à t'attendre devant le lycée....Mais sache une chose, il arrivera une nuit, un rêve, où elle sera à nouveau là, plus rayonnante que jamais. Et dès lors, tu ne te réveilleras pas les larmes aux yeux, tu ne seras pas nostalgiques ni même triste, tu seras heureuse qu'elle soit encore gravée dans ton c½ur, suffisamment pour apparaître plus clairement dans ton esprit. N'en veux pas à ceux qui ne trouveront que des mots maladroits pour soulager ta peine, ils ne veulent que ton bonheur. Ne t'en veux pas non plus si tu penses ne plus croire en Lui, tu Le hais et c'est bien normal car il t'offrais jusqu'à présent l'espoir que l'injustice ne pouvait se produire devant Lui. Je sais ce que tu ressens: de l'incompréhension. Malheureusement, j'ai appris que connaître la vérité ne panse aucun maux. J'ai en moi la terrible vérité sur l'accident de ma belle étoile, et elle ne m'a apaisée en rien. Je n'ai pas de remède pour se remettre d'une telle réalité. Mais s'il y a une seule chose que je me dois de te dire, c'est de continuer à vivre, fais-le pour elle. Il y a quelques articles encore, j'écrivais "tu m'as appris ce qu'était la vie quand la mort y est entrée". 12ans après, je pense encore souvent à elle, car c'est elle qui m'a donné la plus belle leçon de vie de toute mon existence. Je me suis relevée et je sais que pour cela, je me suis appuyée sur son souvenir, j'ai avancé pour poursuivre un but qu'elle aurait voulu atteindre, je me bat parfois pour relever la tête face à la vie qu'elle aurait pu avoir. Et j'ai la prétention utopique peut être de croire que c'est grâce à moi qu'elle ne nous a pas tout à fait quitté. C'est ma belle étoile, car elle ne cessera de me guider.......Très chère Hélène, je suis sincèrement désolée pour ta meilleure amie, et je sais ce que tu ressens aujourd'hui, mais non, rien n'est fini, pour toi, tout commence. Prend le temps de sécher tes larmes et demain tu réapprendras à sourire en évoquant celle qu'elle était.

